
Nous sommes le 17 octobre, il y a 10 jours nous partions de Merida, avec un sentiment de curiosité, de joie d’être enfin arrivés à ce jour tant attendu, et en même temps nous ressentions une pointe d’inquiétude en imaginant tout ce qui peut arriver lorsqu’on se lance dans une telle aventure…
Nous sommes pour 2 jours posés dans un hôtel, le premier que nous nous offrons et nous nous rendons compte que retrouver un peu de confort, et surtout d’espace nous repose énormément. Cela nous fait réaliser que nous prenons sur nous, sur notre dose de patience, sur notre espace vital pendant l’itinérance. Chacun doit accepter de se laisser déplacer, déranger par l’autre. C’est plus de contraintes mais surement pour une meilleure connaissance de l’autre que nous n’aurions peut être pas pu avoir si chacun avait continué son quotidien à l’école, au travail, à la maison!
Ces premiers jours se sont vraiment bien passés à plusieurs égards: nous avions avant de partir une petite peur sur la chaleur et les moustiques. Nous craignions que nos enfants ne supportent ni l’un ni l’autre. En fait les moustiques sont tout à fait supportables même si certains se font plus piquer que d’autres et je n’en fais pas partie… Quant à la chaleur, elle est assez accablante il est vrai, le plus dur étant d’être tout le temps en sueur, et donc quand on fait du vélo c’est bien sûr démultiplié avec l’effort. Heureusement nous avons eu à chaque fois des douches, sauf hier soir. Je ne pensais pas que nous aurions des douches en étant en tentes dans un patio de paroisse ou près du commissariat!
C’est aussi une autre réflexion de ce début de voyage: les bonnes surprises s’accumulent, après une préparation assez éreintante et beaucoup de difficultés en mai/juin/juillet…
Les Mexicains sont vraiment très gentils, très souriants, ils nous saluent, sont prêts à nous aider. A priori, ils ne sont pas toujours prêts à ouvrir leur maison mais on peut bien sur les comprendre! Nous avons donc eu beaucoup de chance d’avoir 3 étapes chez des mexicains du groupe MFC qui nous ont reçu avec tant de gentillesse et de générosité, cela faisait vraiment chaud au coeur.
Ceux que nous avons laissé à Mexico, Oaxaca et Merida continuent à nous demander des nouvelles, et nous les gardons bien dans notre coeur car ils sont chacun ou chacune un maillon de cette chaine extraordinaire qui nous permet de faire ce voyage authentique et transformant!
Nous avons de temps en temps de tel ou tel enfant une plainte, une demande de rentrer en France. Nous l’écoutons, et c’est l’expression d’un manque qui ne dure pas mais qui est ressenti, souvent dans un moment de fatigue ou de colère. Manque des amis, de la maison, des grands parents, parrain/ marraine…heureusement avec Whattsapp nous sommes loin mais plutôt joignables si le besoin s’en fait sentir.
Les cours: Depuis mi août, nous avons commencé à faire travailler les enfants avec chacun un cahier pour toute l’année. Là aussi , les différents tempéraments s’expriment: l’une se met au travail tout de suite quand il faut s’y reprendre à trois ou quatre fois avec l’autre…ce qui nous manque ce sont de bonnes connexions internet et des logements en dur pour travailler sur internet. Le cahier se fait facilement un peu n’importe où!
Nous avions aussi un questionnement par rapport à la circulation, car au Mexique, on est loin des mignonnes petites voies vertes françaises! Il est vrai que les voitures vont vite, mais la plupart se déportent bien, la plupart nous klaxonnent aussi, au début je ne comprenais pas pourquoi et a priori c’est seulement pour nous saluer!
L’expérience est donc concluante, les enfants en redemandent et s’adaptent bien à la vie nomade!
Prochain bilan fin novembre quand nous quitterons le Mexique pour le Belize!

par Alexandra RICHARD





